A l'âge de plus ou moins 24 ans, après un voyage à Rome où je célébrais l'art classique, je m'arrêtais 8 jours à Florence, hébergé par un camarade italien, sans un sou d'avance. J'y appris à jeûner mais je visitais la ville de fond en comble.

Devant l'Annonciation du couvent St Marc, en haut des marches, attribué à Fra Angelico je ressentis une émotion étrange, mais cela en resta là.

A mon retour, comme j'en avais pris la coutume, j'allais célébrer mes dieux au musée du Louvre. Une chose incroyable se produisit alors. J'étais en contemplation devant la Vierge au Lapin du Titien, quand brusquement comme un tremblement de terre inouï, tous les traits du pinceau du maître m'apparurent avec leurs fautes et leurs hésitations. Ce n'était plus pour moi qu'un gribouillis énorme.

Toute ma religion des arts s'effondrait d'un seul coup. Je sortis du musée complètement hébété.

Rentré à l'atelier que j'habitais alors, levant les yeux vers le haut de la véranda, je tournais alors mon regard vers Dieu et lui dit simplement ce mot: "Père". Aussitôt je fus comme soulevé de terre dans une extase surhumaine au milieu d'une joie qui ne peut se dire.

Je ne peux dire également combien de temps cela dura mais quand je fus déposé à nouveau à terre brusquement toutes les forces de l'enfer semblèrent se déchaîner contre moi me faisant croire que j'étais damné à cause de toute ma vie passée. Cette épreuve dura trois années pendant lesquelles je fus incapable de faire quoique ce soit et pendant lesquelles mes parents affolés me traînèrent de clinique en clinique. Pour moi, je commençais à prier un peu et au milieu de souffrances intenses comprenais cependant qu'il s'agissait là de grâces spirituelles précieuses, sans pour autant avoir l'idée de me rapprocher d'une activité religieuse précise.

Guérison inattendue.

Les médecins de l'époque qui m'avaient de plus faits souffrir de traitement incroyables m'avaient, eux, condamnés irrémédiablement. Au bout de trois ans, passant devant une librairie, je vis en vitrine un livre intitulé "Un Appel à l'Amour" de Josefa Menendez . Je ne savais pas de quoi il s'agissait, si c'était un roman ou quoi que ce soit d'autre, mais je fus retourné intérieurement comme par une lame de fond. J'entrais dans la boutique en pleurant, achetais le livre et le lus d'une traite. A partir de ce moment là je refis brusquement surface vers un état normal.
Estimant que c'était mon devoir de travailler à la restauration des Églises détruites par la guerre, je devins ouvrier sculpteur
puis me rabaissant seulement tailleur de pierre des monuments historiques tandis que je méditais   activement sur la religion au milieu des grâces spirituelles les plus surprenantes et les plus inattendues.

   

   

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