Premièrement, il est connu que lorsqu'on fixe une image sur la rétine, celle-ci disparaît rapidement de la conscience de l'oeil. Il est connu également par expérience, que l'oeil même fixant un point déterminé, oscille en fait à grande vitesse comme s'il palpait les alentours de l'image en même temps que cette dernière. -Ce à quoi, on semble moins avoir prêté attention, c'est que cette palpation ne se passe pas sur un plan mais dans l'espace et qu'il agit donc avant tout en profondeur.

Maintenant nous entrons dans un domaine plus nouveau. Comment le mécanisme de l'oeil qui en réalité ne voit que par tâtonnement, opère-t-il?

Actuellement on semble ne considérer que le commencement et la fin des opérations. D'une part on discerne le boîtier de l'oeil analogue à un appareil photographique, et l'on tend à distinguer d'autre part la sélection nerveuse des images en faisant l'analogie avec un système photo-électrique ou électronique. Cela est bien, mais tout à fait insuffisant pour comprendre réellement certains côtés essentiels du phénomène visuel.

Il faudra pardonner le langage de peintre employé ici mais pour l'instant, il n'y en pas d'autre de plus approprié.

Il faut considérer que dans la pratique l'oeil cherche à voir avant tout par "contraste" c'est à dire par opposition des valeurs (clair/foncé) et des couleurs (dans leur rapport avec les valeurs).

Comprendre ce processus de contraste et se représenter qu'il agit dans l'espace sont également importants.

L'oeil ne voit pas, il tâte.

Cette manifestation constante du tâtonnement de l'oeil a des répercussions fondamentales.

Ce qui nous intéresse pour l'instant est de promouvoir un nouveau procédé pour la réception des images en relief stéréoscopiques qui soit satisfaisant pour la vision du spectateur ordinaire. Il est en effet à remarquer qu'aucune représentation de ce type basée sur la séparation décalée des images n'a jusqu'à ce jour eu de succès populaire valable. On peut imputer cela à toutes sortes de causes extérieures qui peuvent jouer dans une faible mesure, mais il n'y en a qu'une seule réelle c'est que l'oeil du spectateur ne se satisfait pas de ce procédé unique de séparation stéréoscopique.

L'oeil est par lui-même extrêmement sensible, même si les jugements qu'on en tire sont parfois grossiers et approximatifs, et le moindre accroc à ses nécessités premières provoque un phénomène de rejet même imperceptible ou inconscient.

Comment se fait-il alors que la stéréoscopie soit employée habituellement de nos jours avec succès dans de nombreuses activités scientifiques modernes, cartographie, astronomie, médecine, etc...

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